La période de réserve a débuté le 24 mars à zéro heure et se termine le 18 juin à minuit
La « période de réserve électorale » est une tradition républicaine qui ne découle d’aucun texte. Cette période est fixée par le ministère de l’Intérieur pour chaque élection et transmise aux préfets.
Son but est de garantir la neutralité de l’État et des services publics dans le cadre de la période de campagne électorale en imposant une obligation de « réserve d’usage » à l’égard des agents publics dans l’exercice de leurs fonctions. Ainsi, cette période de réserve s’applique donc aux agents publics et plus spécialement à ceux qui sont amenés à participer, dans l’exercice de leurs fonctions, à des cérémonies ou à des manifestations publiques. Elle a notamment pour objectif de s'assurer qu'aucun fonctionnaire ou agent public ne fera usage de sa fonction à des fins de propagande électorale.

Mais où en sera l’avenir de l’Etat et de la République après ces échéances électorales ? Quel appel pour le 18 juin ?
En effet, après un début entaché par les affaires, la campagne a laissé place au plus grand des imaginaires pour la fabrique des politiques publiques, ou plutôt à leur grande déconstruction. 11 candidats au chevet des politiques publiques et des fonctionnaires conduits au silence.

Certains ont rêvé, d’autres ont osé le tabula rasa de notre construit social de longue date : un Etat sans fonctionnaires, un paritarisme mis à mal, des ordonnances comme conduite de l’action publique, des privatisations à gogo… la jouissance totale !

La maltraitance de l’Etat semble constituer le fonds de commerce des malfaisants pour qui l’Etat n’est que dépenses, où le moins d’Etat serait l’Alpha et l’Omega d’un monde meilleur et le seul marché, le garant d’une régulation aiguisée, apaisée au service du bien commun que chacun respecterait, mu par la rencontre amoureuse d’une offre aguicheuse et d’une demande séduite.

Un Etat de trop pour ces flirts délicats du tout marché, laissant à la liberté son seul terrain de chasse : l’économie ; à l’égalité, celle de l’accès à quelque chose, sans les nécessaires correctifs permettant à ceux qui sont le plus en difficultés d’y prétendre et, à la fraternité de se mouvoir en charité.

Quelques piliers ébranlés laissant sans voix les sans voix, les toujours sans, toujours plus nombreux, ceux qui ne peuvent comprendre et prétendre à l’espace de la controverse, de la construction, de la consolidation et de la refondation de nos valeurs qui donnent du piment au vivre ensemble.

La place publique reste à investir pour penser des lendemains du vivre ensemble. La Res Publica a de plus en plus de mal à se fondre dans le présidentiable.