Dialogue social

Le débat, le dialogue et la confrontation sont nécessaires. Sans confrontations, dans des espaces sécurisés et civilisés, les questions économiques et sociales se sclérosent, s’enkystent. Les articles qui suivent ont pour ambition de proposer des cadres de méthodes vertueux au service d'un dialogue renouvelé, riche de sens.

Que d’inerties restent à combattre,
Que de positions assises méritent d’être remises en cause,
Que de voies de progrès à investir,
Que d’agacements nombreux pour ceux qui voudraient tout voir bouger,
 
Mais pour faire quoi ? Pour aller où ? Et avec qui ?

Un petit clic


Revue Négociations : « Dialogue social territorial ». Que signifie cette expression ? S’agit-il d’une discussion, d’une concertation ou d’une négociation entre les partenaires sociaux ? Quelle définition en proposez-vous ? En quoi se distingue-t-elle d’autres définitions possibles ?

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Le dialogue social est une notion polysémique qui renvoie à plusieurs définitions, acceptions et envahit la sphère publique et médiatique. Que de représentations n’est-il l’objet ?
Il est souvent convoqué pour faire vivre différentes instances formelles ou informelles qui sont alors sensées produire un cadre normatif négocié ou tout simplement une réflexion partagée où le partage peut s’arrêter… au partage d’un désaccord. Le dialogue social renvoie alors à d’autres notions qui définissent les instances où ce dernier doit pouvoir s’exprimer : on parle de paritarisme, de partenaires sociaux, d’ordre public négocié… Ne fait-on pas état de la sagesse des partenaires sociaux dans leur capacité à traiter d’un objet sans le recours à d’autres observateurs, acteurs qui pourraient remettre en cause leur autonomie.

Depuis le début des années 80, les services de l’Etat ont été soumis à un train important et incessant de réformes pour la plupart d’entre elles inspirées du New Public Management (qui apparaît, du point de vue conceptuel, en 1970). Elles ont pris des formes les plus diverses, touchant tout à la fois : les questions d’organisation, d’effectifs, d’évolution des emplois mais également les modes d’intervention, au risque de mettre les fonctionnaires dans la tourmente et la perte de sens.

CESE et CESER de précieux outils de dialogue dans la tourmente des critiques, l'état de santé économique de la France, le quadripartisme s'installe en région, l'éloge de l'enseignement de l'économie, la montée en puissance du chômage des séniors, l'argent de la formation professionnelle, les élections TPE se préparent, l'argent du foot, la pollution et son impact sur la dégradation de la santé, l'économie collaborative et sa récupération, des cars qui circulent à moitié vide dans l'attente de création d'emplois, la RTT ou le revenu de base ? la loi 1901 fête ses 115 ans, un ministère du futur, les fonds de pension dans la tourmente du Brexit, évaluation et Michel Rocard.

Le débat social actuel se centre sur les vertus de la négociation d’entreprise qui s’opposerait à la rigidité d’un code de travail enfermé dans la gangue de la norme sociale autiste qui s’imposerait, sans aucune prise en compte du réel, aux chefs d’entreprise confrontés à la lourdeur des textes.
Si nous pouvons constater, que les critiques autour du projet de loi El Khomri portent essentiellement sur l’inquiétude réelle ou présumée de faire de l’entreprise un lieu déterminant pour le dialogue social, dialogue social qui risquerait d’être déséquilibré ; il convient de noter que le dialogue social au niveau des branches n’est pas soumis à inquiétude ou interrogation. Il semble plus équilibré et permet de construire une identité forte dans laquelle se reconnaissent les entrepreneurs comme les salariés. Alors que dire de la volonté du législateur de vouloir diminuer le nombre de branches et forcer au regroupement. Pour autant, ce mouvement ressemble au remake de l’organisation de la fusion des Organismes Paritaires de Collecte Agrée (OPCA). Cependant, attention à la symétrie des formes, les OPCA sont des outils au service des branches et les branches sont des instances politiques, la fusion ne peut en être que plus difficile.

Le service public était le fils de l’Etat régalien et la fille de l’Etat providence. Il faisait consensus et représentait notre fierté nationale cultivée par de longs processus que le siècle des Lumières et le conseil national de la résistance ont réussi à forger pour nous extirper des antres du féodalisme et des affres de la révolution industrielle.

2015 arrive à son terme alors que les premiers frimas ne sont pas encore au rendez-vous
Le niveau des mers et des océans montent inexorablement, comme le niveau du chômage et le thermomètre. Notre modèle de croissance est sur le banc des accusés.
Un playdoyer pour changer de paradigme

Et pourquoi pas un code de la route par automobiliste ! L’ordre public social avec sa production normative sur le champ de la question du travail semble mis à mal en l’espace de quelques mois. Attaqué de toute part et subissant une convergence d’assauts, y compris de lieux et de ressources inattendus : de Terra Nova, à Montaigne, en passant par les écrits d’un abolitionniste de la peine de mort ! Quelle mouche les a donc piqués ? S’agit-il d’un tir d’assaut groupé, orchestré, au risque d’évoquer la théorie du complot, ou de snappers isolés, francs tireurs s’attaquant à une proie semblant facile d’accès, déjà blessée ? En tous les cas, les joutes oratoires et les propos des experts patentés sont largement relayés par les media alléchés par un butin qu’elles s’imaginent bien gras. Tirant la petite phrase d’un rapport à peine effleuré, toujours hors de son contexte, et amusés à la seule idée que tout cela est bien trop complexe pour le vulgarus pecus que nous serions, convaincus à force de gavage, que le dégraissage serait l’unique solution.

L’évaluation s’invite dans les constructions sociales des partenaires sociaux et c’est un fait nouveau qu’il convient de saluer. La question du choix de la méthode est éminemment stratégique. Des temps de dialogue et des espaces sécurisés restent à investir... pourtant les temps de dialogue devraient être optimisés, toujours plus courts, et les espaces risquent d’être de moins en moins sécurisés pour l’ensemble des parties, l’entreprise plutôt que la branche, là où une des parties est la plus faible. Un paradoxe à lever pour faire du dialogue social un vecteur de la performance économique et sociale.

Un mois de mars où il a été question de droits rechargeables, de décentralisation, de nouveaux indicateurs pour apprécier la richesse créée. Il a été question de solidarité avec le Peuple grec sous les fourches caudines des politiques d’austérité et avec le Peuple tunisien en prise avec la barbarie.
Et malgré tout, de bonnes nouvelles, la réforme de la formation pose les jalons d’une nouvelle approche pour les politiques volontaristes en matière d’emploi et Marcel Gauchet nous prédit un avenir pour les Etats.
Et enfin, une étude qui nous permet de repenser les politiques en matière d’emploi et en finir avec la faible efficacité des contrats aidés.

En 2008, la Direction régionale du travail de l’emploi et de la formation professionnelle de Provence-Alpes-Côte d’Azur et son directeur Gérard Cascino nous ont demandé d’accompagner la mise en oeuvre de la Conférence Permanente de l’Europe Sociale, de l’Economie et de l’Emploi.

Les historiens diront-ils que l'année 1995 aura été celle du début de la fin du paritarisme, voire du dialogue social? S'il est d'usage de louer et de regretter la désyndicalisation à la française, il est peu fait état du rôle crucial du paritarisme et du tripartisme dans notre modèle démocratique. Or ces modes de gestion du débat social sont peut-être condamnés, et ce malgré les intentions du législateur, à un enterrement de première classe.Dans le champ de la formation professionnelle, les partenaires sociaux doivent être attentifs au regroupement des organismes de collecte des fonds. Que va-t-il se jouer? Et que leur reste-t-il pour décider de l'avenir de la formation. La pensée stratégique est en faillite dans l'entreprise, mais aussi dans la branche professionnelle, où il est demandé aux partenaires sociaux d'être les économes de la formation.
Tribune du Journal Le Monde

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