Interventions
en Prévention des Risques Professionnels – Santé au Travail
Prévention
des risques psychosociaux
Février 2011
En guise
d’introduction
Les
risques dits « psychosociaux » se sont imposés
dans le débat social, tant sur les scènes médiatiques,
politiques, juridiques…que commerciales… mais aussi et surtout au
cœur même des espaces de travail. Devenus en quelques mois un enjeu
majeur de santé publique, ils constituent désormais une
préoccupation incontournable des différents acteurs du
travail : responsables d’établissement ou de service, institutions
représentatives du personnel, mais également services de
santé au travail, syndicats, D.R.H., services formation, encadrement,
etc.
La
notion de « risques psychosociaux » –
réduite bien souvent à l’état de sigle
« R.P.S. » -, si elle a permis d’ouvrir de
nouvelles perspectives en matière de prévention des risques au
travail, constitue également une « notion-valise »
équivoque, source de nombreuses confusions :
-
non seulement à travers les
différentes réalités qu’elle couvre indistinctement
– usure au travail, stress, violences internes ou externes,
harcèlement, conduites addictives, troubles musculo-squelettiques, etc. -
-
mais aussi à travers les
segmentations qu’elle induit
·
entre physiologique et psychisme,
·
entre facteurs individuels et
organisation collective,
·
entre prévention et
réparation, etc…
A
cet effet, la littérature sur les risques psychosociaux – tout
comme les discours et recettes miracles qui fleurissent en ce domaine –
mélangent aisément causes et effets, risques et expositions
avérées, responsabilités individuelles et dynamiques
collectives et organisationnelles, prévention effective et
stratégies de disculpation…
En
outre, comme le souligne Yves Clot « L’image du travailleur qui s’impose quand on examine la
littérature actuelle sur les RPS est celle d’un opérateur
victime des contraintes d’une organisation du travail »
(…) organisation qui
« revêt alors le plus souvent les attributs d’une
puissance toxique qui contamine la santé des
salariés »[1].
Dans ce cadre, le recours à l’expert devient incontournable, non
seulement pour dépister la « souffrance » mais
aussi pour administrer les premiers soins…sans que les principaux acteurs
de l’entreprise n’aient une réelle prise sur les situations.
Au-delà
des effets pour les personnes, les effets pour les organisations de travail
sont délétères et engendrent des coûts
considérables, que la seule gestion des RPS ne parvient pas à
enrayer :
-
absentéisme croissant, hausse
des inaptitudes partielles ou totales, accidents du travail et hausse des
cotisations AT/MP ;
-
rendements en baisse, qualité
défaillante ;
-
fonctionnements
collectifs moins performants, incidents et conflits plus nombreux à
régler entre salariés, avec la hiérarchie, les clients ;
-
turn-over
permanent, attractivité réduite, démotivation croissante.
L’antériorité
sur le sujet, et les réflexions scientifiques en cours – notamment
la psychodynamique du travail et la clinique de
l’activité – ont ouvert d’autres perspectives pour
aborder ce qui relève davantage des « risques
organisationnels » et des « Ressources Psychologiques et
Sociales » au travail. Dans cet esprit, une approche globale de la
santé au travail – et par le travail – devient indispensable
pour concevoir une véritable dynamique de prévention : il ne
s’agit pas tant de gérer une situation
« toxique » dont les conséquences
s’exacerberont quoi qu’il en soit dans le temps mais de remobiliser
les acteurs légitimes pour identifier et traiter les véritables
facteurs de risques et de dysfonctionnement et apporter des solutions durables
et pertinentes, compte tenu de contextes à chaque fois singuliers.
Les
prestations proposées
Les
suivantes, mobilisables selon les contextes et les situations,
s’inscrivent dans le cadre d’une même perspective :
apporter un appui aux acteurs légitimes, au sein des organisations du
travail, pour bâtir une démarche de prévention des risques
psychosociaux ou organisationnels au travail, dans le respect des principes de
prévention généraux de prévention.
- Actions de
sensibilisation, de formation à la prévention des risques
psychosociaux
Ces
actions de sensibilisation ou formation de courte durée ont pour
objectif d’apporter un premier niveau de connaissances sur ce qui est
couramment appelé les risques psychosociaux.
Cette
sensibilisation permet d’appréhender les différentes
réalités couvertes par cette notion, les limites des
différentes approches, mais également les leviers et les marges
de manœuvre susceptibles d’être mobilisées pour engager
une transformation durable des situations.
- Formation-action
« prévention des risques psychosociaux ou
organisationnels »
La
formation-action a pour objectif d’outiller - conceptuellement et
méthodologiquement - un collectif de travail en vue de lui permettre
d’initier une dynamique de prévention des risques psychosociaux ou
organisationnels.
Elle
s’appuie sur un aller-retour entre théorie et pratique, notamment
à travers des apports conceptuels et méthodologiques mais
également à partir d’analyses collectives des situations de
travail.
Ces
formations-actions peuvent se dérouler sur plusieurs
demi-journées, intégrant des périodes
d’intersessions permettant aux participants de tester des pistes
opérationnelles travaillées en séance.
- Permanences
individualisées
Les
permanences ont pour objet d’ouvrir un espace d’accueil et
d’accompagnement individuel des salariés ou agents en
difficulté professionnelle.
Ces
interventions ont pour but d’aider le salarié ou
l’agent :
-
à identifier ce qui, dans le
travail, pose problème ;
-
à identifier les marges de
manœuvre susceptibles d’être mobilisées ;
-
à mettre en œuvre des
perspectives opérationnelles permettant au salarié ou à
l’agent de se sortir de la situation difficile.
La
mise en œuvre des permanences se fait en étroite coopération
avec le médecin du travail et dans le cadre d’un protocole
rigoureux veillant à assurer l’anonymat des personnes et la
confidentialité des propos portés. Les entretiens sont
menés par un psychologue du travail, et sont rigoureusement centrés
sur la question du travail.
Au
terme de ces permanences, un bilan des permanences est réalisé
par le psychologue du travail, et remis au médecin du travail. Des
modalités de mobilisation des acteurs de prévention sont alors
travaillées avec le service de santé au travail et
proposées aux acteurs de l’entreprise (Direction, CHSCT ou
DP ;…). La fréquence de ces séances ainsi que leur
durée sont déterminées en fonction du contexte.
- Groupes
d’analyse du travail
Des
séances de travail peuvent être organisées auprès de
collectifs de travail constitués. Ces séances ont pour objectif
d’analyser collectivement les difficultés rencontrées dans
l’exercice de l’activité, d’identifier les marges de
manœuvre envisageables et de formuler des propositions susceptibles
d’être soumises aux acteurs de santé et de prévention
(Direction, CHSCT, Service de Santé au Travail, etc…).
Ces séances d’analyse du travail peuvent également avoir
pour objet de définir collectivement des repères professionnels
adaptés aux nouvelles situations de travail. La fréquence de ces
séances ainsi que leur durée sont déterminées en
fonction du contexte.
- Appui au diagnostic
Un
appui et un accompagnement peuvent être réalisés
auprès des acteurs de prévention et de santé au travail
(direction, CHSCT, service de santé au travail) pour contribuer à
la mise en place d’un diagnostic des risques psychosociaux ou
organisationnels. Ce diagnostic a vocation :
-
à déterminer les
problématiques collectives en matière de risques ;
-
à identifier les voies
d’évolution ;
-
à structurer des
hypothèses d’action (notamment en perspective d’un plan de
prévention) et envisager les conditions de leur faisabilité.
Dans
ce cadre, le cabinet Rhizome peut apporter son appui tant sur la conception
méthodologique du diagnostic, que sur le recueil et l’analyse des
matériaux et des données, en étroite coordination et
coopération avec les acteurs de prévention et de santé.
- Accompagnement
à la conception et la mise en œuvre d’un projet de
prévention des risques psychosociaux ou organisationnels
Le
cabinet Rhizome peut être mobilisé dans l’appui à la
conception et la mise en œuvre d’un projet de prévention des
risques psychosociaux ou organisationnels. Dans ce cadre, une démarche
projet est structurée en vue de créer les conditions favorables
à l’animation, en interne, d’une dynamique de
prévention des risques mobilisant l’ensemble des acteurs
concernés. Au-delà d’un rôle
d’ingénierie de projet, d’animation et de capitalisation des
séances de travail, le cabinet Rhizome peut également être
mobilisé dans le cadre de la sensibilisation des différentes
parties au projet ou dans différentes phases de recueil
d’informations exigeant l’intervention d’un tiers
distancié.
- Evaluation externe
d’actions ou de plans de prévention des risques psychosociaux
Compte
tenu des différentes actions ou plans d’ores et déjà
engagés sur la prévention des risques psychosociaux, le cabinet
Rhizome peut être mobilisé comme tiers extérieur pour
évaluer les démarches ainsi initiées.
Dans
ce cadre, le cabinet Rhizome apporte son expertise en matière de
conception d’un protocole d’évaluation, d’appui
à l’élaboration d’un référentiel, de
recueil et d’analyse des matériaux, et de mise en perspective de
ces derniers au service de l’amélioration des démarches ou
actions de prévention en ce domaine.
[1] : « Risques psychosociaux : une nouvelle catégorie sociale », sous la direction de D. Lhuilier, F. Giust-Desprairies, M. Litim – Nouvelle Revue de Psychologie, Edition ERES, N°10, hiver 2010. 255 pp., p.41